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samedi 30 mai 2015

J’ai pas changé


Pourtant, ça fuse de partout. 

Ma mère qui me dit : « Je pensais pas que t’étais aussi sportive ».

Mes amis qui commencent leur phrases par : « Depuis que tu t’entraînes… »

Et moi, dans tout ça, un peu confuse.

J’ai toujours été sportive et j’ai toujours eu soif de performer (que ce soit en sports, à l’école ou en arts). L’esprit athlétique, ça se traduit dans plusieurs sphères de la vie, c’est un trait de personnalité, je crois. Comme l’esprit scientifique. Tu l’as ou tu l’as pas. Je me trompe peut être, remarquez… peut-être que c’est une chose qui s’acquiert aussi… mais dans mon cas et chez beaucoup de personnes que je connais, notamment des acteurs, c’est intrinsèque.

Enfant, j’étais aux cours de danse, puis aux cours de plongeon 5 jours par semaine. À la visite de ma nouvelle école, en 5e année, ma mère avait même dit au prof d’éduc que je voulais aller aux Olympiques. Hum… ça m’avait pas mal intimidée. Puis finalement, je n’étais pas une assez bonne plongeuse.

Ensuite il y a eu l’école de théâtre, à coups de 3 heures de danse par jour, notre tenue quotidienne étant collants roses et léotard.

Plus tard, j’ai commencé le kung fu. J’y étais jusqu’à 5 fois par semaine.

Puis après la grossesse, j’étais aux cours de remise en forme avec bébé de 3 à 4 fois par semaine!

J’aime ça, bouger! Je pourrais passer ma journée au Belgo, à alterner entre yoga, kung fu et un p’tit snack en bas. Je pourrais dormir au gym sur un lit de camp dans le vestiaire (ce qui serait bien pratique parfois).

J’ai toujours été active! Alors quand les gens de mon entourage me parlent de mon
« virage », je me sens comme… eh bien c’est difficile à dire… je ne sais pas comment je me sens, mais c’est comme si la Sophie d’avant était pour eux une autre personne...

Moi je sais ce qui a changé.

Ce qui a changé, c’est que j’ai choisi de m’entourer. 

Je ne m’entraîne pas pour l’apparence. Je trouve que s’entraîner dans ce but est futile et non durable. « Un ventre plat pour l’été », « prête pour la plage » et autres expressions du genre me font grincer des dents et me donnent le goût de sacrer. 

C’est certain, tout le monde veut un beau body, moi y compris, mais le body pour moi est un bonus, pas une fin en soi. Je suis persuadée que de s’entraîner pour l’apparence est le meilleur moyen de payer un abonnement de gym dans le vide.

Reste que, le jour où j’ai décidé d’aller chercher de l’aide, j’avais du poids à perdre. Question de santé. Je faisais de l’embonpoint, carrément. Mais on s’entend : c’est clair que mon estime de moi en mangeait un coup aussi, et que je voulais aussi perdre du poids pour l’apparence… tricky, hein?

Comme une dépressive qui décide (par elle-même) d’aller chercher l’aide d’un psychologue, je me suis tournée vers un kinésiologue. Et c’est venu de moi. Aide-toi toi-même. Si vous connaissez des gens autour de vous qui ont un criant besoin de faire de l’activité physique, vous savez comme moi que de leur répéter sans cesse qu’ils devraient donc bouger ne donne rien. Ça doit venir de soi. Le meilleur moyen, je crois, pour amener quelqu’un à bouger est de l’inspirer… pas de lui faire des sermons… mais je m’égare et c’est un autre sujet.

Donc. C’est venu de moi, je me suis pris un entraîneur. 

Avec lui, j’ai découvert que les activités physiques que je faisais avant étaient : 1) pas assez variées, 2) pas assez intenses. Je me souviens du jour où mon entraîneur Maxime m’a dit « Bienvenue dans le monde de l’entraînement par intervalles à haute intensité ». OUF! 

Quand on s’entraîne par soi-même, c’est difficile de savoir jusqu’où on peut pousser, que ce soit en matière de cardio ou de poids qu’on peut soulever. On a souvent peur de se blesser… et il y a aussi le facteur paresse. Quand on est seul, on ne pousse pas autant que quand il y a quelqu’un à côté de nous pour nous faire faire LA dernière répétition payante qu’on n’aurait pas fait sinon.

Puis il y a le facteur constance. Mon entraîneur me fait un plan. Je fais mes devoirs. Je me rends au gym par moi-même deux fois par semaine pour faire mon programme personnel parce que… il m’attend, lui, au prochain rendez-vous! Je me suis fait dire une fois : « Ouain… ça paraît que t’es venue juste une fois la semaine passée… ». On me l’a dit juste une fois, celle-là.

Ensuite, la confiance. Je me souviens d’une séance avec Maxime, où on a testé ma force. Il m’a fait soulever les charges maximales que je pouvais soulever à ce moment pour finir par me dire : « Pis? Je commence tu à te donner confiance en toi? ». La réponse était oui. Ce jour-là, j'ai soulevé 200 lbs. Ça te booste une confiance en soi.

Enfin. Le droit de rêver toujours plus haut. Ça, ça s’est traduit en course à pied avec Nicolas. J’ai décidé de m’inscrire à son club de course en prévision de mon premier demi-marathon. Ça va faire bientôt un an que je m’entraîne avec lui. Il me fait courir toujours plus vite. Bien sûr, plus je progresse, moins ça progresse vite… mais quelle progression depuis août dernier! Nicolas m’a fait battre des records plus d’une fois! Je pense notamment à la fois où il m’a fait battre mon record sur 1 km… 20 secondes plus rapide que mon ancien record… 4 fois de suite!!!

Alors oui, je me permets de rêver grand. Je me permets de croire que je peux aller faire un trail de 22 km sur le mont Albert dans un mois, et peut-être même me classer assez bien parmi les femmes de ma catégorie. WHY NOT? 

Ben non, j’irai pas aux Olympiques. C’est pas une raison pour ne pas aller chercher le meilleur en moi. Être encadrée me permet de pousser ma machine fort sans la briser. En deux ans, je n’ai jamais été blessée, et même si je l’avais été, mon entraîneur aurait trouvé le moyen de me faire faire autre chose et m’aurait aidée à ma remettre de ma blessure.

Alors oui, en quelque sorte, j’ai changé. Physiquement, certes, mais j’espère de tout cœur que les gens qui m’entourent ne s’arrêtent pas uniquement à ce changement physique. 

J’ai gagné de la confiance en moi, j’ai appris que les seules limites qu’ont nos rêves sont celles qu’on leur impose. 

Au fond de moi, je vous le dis, je suis restée la même. J’ai pas changé.

Je me suis dévoilée… et maintenant, je veux partager.






samedi 9 mai 2015

La dernière longue

 Lire, écrire, courir... c'est pareil.
Geneviève Lefebvre

PROLOGUE

Une longue course, c'est comme aller au théâtre.

Aller au théâtre, c'est aller à un rendez-vous. On se prépare chez soi pour sortir pendant que les acteurs se maquillent, se réchauffent. On ne sait pas ce qui nous attend. Quand on sort du théâtre, on est parfois déçu, parfois transporté...

Une longue course c'est pareil.

Surtout la dernière longue avant un événement officiel. C'est comme la générale. La dernière longue est toujours spéciale et c'est comme ça que j'ai abordé celle d'aujourd'hui : un rendez-vous avec... ?

ACTE I

Première surprise : je suis obligée d'arrêter ma musique en entrant dans le cimetière parce que les oiseaux chantent trop fort. Le silence des morts, les oiseaux, ma respiration. 

Je suis là parce que j'ai décidé de faire un détour pour voir mon Gingko biloba, pour aller prendre un peu de son énergie et pour voir quelles fleurs poussent à ses pieds aujourd'hui. 


Dévier de l'itinéraire dans l'espoir inavoué de me perdre un peu. Pas trop. De toute façon, sur le Mont-Royal, c'est impossible de se perdre. Il y a toujours quelque chose pour te rappeler que tu n'es pas bien loin des voitures.

Rejoindre l'itinéraire initial, se retrouver à une croisée des chemins encore jamais vue à ce jour, choisir le chemin le plus sûr pour cette fois.


Puis comme une bénédiction, cette chanson pour descendre le chemin de la Tour de l'Université de Montréal.


Sur un high (évidemment), apercevoir au loin l'Oratoire et avoir envie d'aller monter les escaliers, mais se raviser sagement. Ça sera pour une autre fois. Combien de fois me suis-je tiré dans le pied en déviant trop de l'itinéraire prévu? Du calme, du calme. Va ton chemin.

ACTE II

Nouvelle entrée dans le cimetière. 

Je passe à côté d'un arbre dont une immense branche est cassée, par terre. Pas coupée. Cassée.

Je vois passer le gros corbeau de la Mort avec quelque chose dans le bec. Le vrai charognard, là.

Cette branche n'a pu casser que parce que quelqu'un s'y est pendu.


Beaucoup de gens sont là pour planter des fleurs sur la tombe de leurs mères. Mais qu'est-ce que je fais ici, moi, en train de célébrer la vie à plein poumons? 


Je cherche la sortie, mais tous les chemins semblent vouloir m'éloigner de mon but.

ACTE III

Chemin Olmsted. Ouf... ahhhhh... je respire. Je lis « chemin Olmsted » comme je lirais « Montréal » sur une pancarte verte au retour d'un long voyage.

Je suis en terrain connu, me sens chez moi. Soulagée.

Je croise deux voitures de police, gyrophares allumés. Ils ont dû trouver « le mort ». 

Bon. Les pompiers. Décidément, c'est grave, ce qui se passe là-haut.

J'arrive en bas. Tout d'un coup : la faim.

Avec toute cette histoire que j'ai écrite dans ma tête en courant, j'ai oublié de prendre le gel que j'avais apporté. Je serai à la maison dans 15 minutes, inutile de le prendre maintenant... mais la fatigue me prend... j'hésite.

Non. Je ne le prends pas. Rien que pour voir. Rien que pour voir si je vais mourir.


ÉPILOGUE

Je pense à Diana Nyad qui, partie de Cuba à la nage, a enfin aperçu les lumières de Key West au loin. Plus que 15 heures de nage. « Si vous saviez combien de fois j'ai fait 15 heures de nage en entraînement », qu'elle dit.

Pas morte. Pas morte pantoute. Bien vivante au contraire. J'arrive à destination envahie d'une nouvelle énergie.

Je voudrais continuer.

Mais je dois m'arrêter.

Il faut que j'aille écrire.

Lire, écrire, courir... un jour ça devient un acte en trois dimensions.







dimanche 3 mai 2015

20 mètres



Rendez-vous à la montagne avec des amis pour courir. Partie en marchant doucement malgré les effluves de la fête de la veille, la Garmin qui détecte ma position en deux secondes comme ça n’arrive jamais. Elle semble me défier et me dire dire « Enwèye! Pars! Pourquoi tu marches, Patate? ». J’appuie donc sur « Démarrer » et je cours… 20 mètres. Vingt mètres pendant lesquels ça pédale à la vitesse de l’éclair dans mon esprit.

Vas-y pas

Retourne chez toi

Mais non, c’est juste un peu raide, c’est pas un vrai bobo

Ça va peut-être passer en bougeant

Ça sentait bon les croissants en passant devant les Fous Desserts

T’as déjà fait ta longue de la fin de semaine hier

Faisait chaud en TA

T’en as même profité pour battre un record personnel

Le dimanche c’est jour de repos d’habitude

Mais j’avais dit que je serais là

Ils vont m’attendre

Je vais faire un kilomètre juste pour voir

Mais non, ça fait mal

Depuis hier

Arrête d’essayer de l’ignorer

T’as mal au pied, calvaire!

Sur ce, j’appuie sur « Ignorer » et je rebrousse chemin. La douleur est bien réelle, maintenant que je l’accepte. L’ignorer n’aurait fait que l’empirer. Repos pour mes petits pieds. 

Pour progresser à long terme, on ne doit pas toujours finir ce qu’on a commencé. Dans ces cas-là, il faut plutôt aller chercher des chocolatines aux amandes au coin de la rue. 



lundi 27 avril 2015

Freestyle!

Au milieu de l'hiver, j'ai découvert en moi un invincible été.
Albert Camus

Janvier 2015. Samedi matin. Je m’entraîne pour un demi-marathon d’hiver. C’est mon deuxième demi-marathon. Mon programme d’entraînement dit « 16 km ». Ouf. Y’en aura pas de facile. On gèle dehors… 16 km, c’est long (pour une fille qui n’a pas couru cette distance souvent, tout est relatif, bien sûr).

Mais là : est-ce qu’il fait trop froid? Mes jambes vont-elles tenir le coup? Vais-je me transformer en statue de glace au 14e kilomètre? Est-ce que j’apporte de l’eau? Mais mon eau va geler? Mon eau va-t-elle geler? Vais-je avoir mal au ventre comme ça m’arrive souvent? Et si, et si, et si???

Une petite communication express avec mon coach de course me rassure : je pars sans eau. C’est l’hiver, on ne sue pas comme en été. Ben oui. C’est bien vrai. Pas de panique, Papage. Mets ta cagoule. Pars!

Mais là! Je vais avoir besoin d’un gel, et si je prends un gel, je dois le prendre avec de l’eau, sinon, sinon, sinon… la Terre va s’autodétruire!

Wôôôô! Take it easy, Reggae Mama. Enfile tes gants pis SORS!

Dehors c’est le gros soleil. Une journée d’hiver magnifique. Je monte sur la montagne, je suis bien. Wow! Je pourrais courir looooonnngtemps comme ça...

Puis évidemment, à force de monter, je me fatigue. Ben oui, je suis fatiguée. PIS? Je vais pas mourir parce que mes jambes sont fatiguées, hein?

J’ouvre mon gel. J’ai pas d’eau. PIS? Je vais pas mourir parce que c’est sucré pis que j’ai soif! Je vais le siroter lentement, tiens.

Bon, j’ai mal au ventre. Ce satané mal de ventre qui revient souvent quand je cours longtemps… ben oui, j’ai mal au ventre, mais c’est pas grave… je me dis que l’énergie circule dans mon corps et c’est tout. Ça passe.

Merde! J’ai mal au genou!!! Mah oui, je suis fatiguée. Mon genou est fatigué, normal. Je ne suis pas blessée pour autant. Demain ça ira mieux.

Et tout à coup, la phrase magique se présente à mon esprit.

JE NE SUIS PAS UN ROBOT!

Je ne suis pas une horloge! Je n’ai pas besoin de boire tant de millilitres d’eau à telles intervalles pour survivre à un 16 km! Je peux très bien courir cette distance sans ravitaillement, même. Tout devient moins dramatique… et je trouve un nouveau plaisir à courir.

Ces jours-ci, je dis beaucoup que je cours « freestyle », et mes amis me demandent ce que je veux dire… ben c’est ça : je suis mon plan d’entraînement, mais je ne fais pas une syncope si je saute une séance ou un jour de repos. Je me laisse de la liberté dans tout ça… et j’angoisse beaucoup moins à propos du ravitaillement.


Ce sera une toute autre histoire dans les grosses chaleurs de l’été, mais pour le moment, c’est le printemps, la température est idéale, je ne suis pas un robot, et je cours FREESTYLE!!!


dimanche 12 avril 2015

Je ne courrai plus jamais

C'est ce que je disais encore il y a de ça moins de deux ans!

Je ne courrai ni ne sauterai plus jamais.

L'explosive que je suis aujourd'hui a envie de rire pas mal!

Attention, ce qui suit aborde un sujet tabou et je ne comprends pas pourquoi il l'est autant! (Et je précise que cette partie intéressera peut-être moins les hommes, mais la suite, si!)

Le plancher pelvien.

Pour en avoir parlé avec plusieurs personnes, je réalise que beaucoup de femmes endurent les inconforts causés par un plancher pelvien affaibli. La plupart d'entre elles ne savent pas qu'il existe des physiothérapeutes spécialisés en rééducation périnéale. Dans certains pays d'Europe, c'est automatique : les femmes consultent toutes un physiothérapeute après avoir accouché.

Au Québec, c'est comme un secret. Et puis on a pas envie de raconter à qui que ce soit qu'on souffre d'incontinence, hein. C'est assez intime.

Mais ça se traite! Pourquoi endurer ça? Si le problème ne peut pas être complètement enrayé, au moins, il peut être atténué grâce à la physiothérapie. Les exercices de Kegel sont une chose, mais croyez-moi, il y a plusieurs façons de les faire en fonction de nos besoins, et l'encadrement d'un physiothérapeute est incontournable à mon avis (à moins d'avoir un plancher pelvien d'acier qui n'a pas souffert d'avoir trop poussé).

Mais bon, c'est pas couvert par l'assurance-maladie (ça devrait tellement l'être), et ça coûte cher si on n'a pas d'assurances, j'en conviens. Par contre, ce sont des frais médicaux déductibles d'impôt... et une dépense qui fait pas mal plus de bien à long terme qu'un voyage dans le Sud.

Évidemment, la physio n'est pas magique. Il faut faire ses devoirs. Il faut vouloir améliorer sa situation.

***

Alors me voilà devant celui qui allait devenir mon entraîneur.

Mon garçon a un an et demi, j'ai fait ma physio, j'ai un bon 20 lbs à perdre et j'annonce à Maxime, qui doit me concocter mon premier programme d'entraînement personnel : 

« Je ne peux ni courir ni sauter ».

Ce n'était pas une indication de ma physio, mais une peur. J'avais travaillé avec elle au maximum de ce qu'on pouvait atteindre comme amélioration, mais le problème n'était pas entièrement réglé. J'avais peur que la situation empire avec les impacts.

Je commence donc un plan d'entraînement sans course ni sauts.

Puis un jour, Maxime me convainc d'essayer 30 secondes de corde à sauter.

30 secondes!!! Victoire du jour! J'ai sauté 30 secondes!

Un autre jour, on essaie un peu de course légère. Deux fois 30 secondes...

Puis on chemine vers un programme cardio de jogging léger/marche par intervalles...

Les intervalles de jogging léger s'allongent à 45 secondes...

Puis on ajoute des sprints...

Puis je sors courir dehors...

STOP. WÔÔÔÔÔ... je regarde en arrière.

Je cours! Je saute!!! Et mon plancher pelvien tient le coup! Ma situation ne s'empire pas!

Il faut dire que je ne fais pas que de la course et que je travaille très fort musculairement en parallèle. Des abdos solides, ça aide! Et pas juste les abdos!

Je prends l'habitude de sortir courir une fois par semaine. Chaque fois, je cours 5 minutes de plus que la fois d'avant.

Je m'inscris à mon premier 5 km. 

Après mon premier 5 km, je me dis : « jamais je ne serai capable de courir 10 ».

Première nouvelle, je suis inscrite à un 10 km... d'hiver!

Je suis inscrite à une Spartan Race.

Je cours assez longtemps pour atteindre le Mont-Royal.

Puis je cours assez longtemps pour monter sur le Mont-Royal. 

Je suis inscrite à une deuxième Spartan Race, plus longue.

WÔÔÔÔÔÔÔÔ!!! Heille! Quoi?!? Tout ça, même pas un an après avoir dit « je ne peux ni sauter ni courir »?!?

Je me dis, je ne pourrai jamais courir plus que 10 km...

Vous connaissez la suite. Je m'inscris à mon premier demi-marathon. Puis à mon deuxième.

Mais wôôôôôôô, là. 

Moi là, je ferai jamais de triathlon, par exemple.

Ah ouain?

Je commence à nager demain matin. À 6 h du mat, je serai dans l'eau. 

I got the gear. Faque.

Pis je m'achète un vélo ce mois-ci.

***

Moi je ne dis plus rien! Je ne dis plus jamais « jamais ».

Trop souvent, en moins de deux ans, l'impossible est devenu possible.



mardi 31 mars 2015

Le projet (pas) commun


S'il y a une chose qu'on ne partage pas à la maison, c'est bien la passion du sport.

Chez nous, le « projet commun », c'est « vivre ensemble ». Point. Et c'est tout un projet. Élever un enfant, entretenir une relation harmonieuse et saine, c'est pas mal commun, comme projet, je trouve.

J'aime m'entraîner. Si je le pouvais, je ne ferais que ça.

Patrick, lui, il aime dessiner, et puis il aime les chiffres. 
Moi la sportive, lui l'intello.

Nos passions, on ne les partage pas! Et c'est très bien comme ça!


Ok. J'avoue. Dans mes rêves les plus fous, Patrick va se réveiller un matin et me dire qu'il veut courir avec moi. Et si ça n'arrive pas? Tant pis! À moi, toute la gloire familiale! Parce que je le sais : s'il se met à courir, le p'tit maudit, y va me faire suer avec son pas leste et léger. À moi, la course!

L'entraînement prend donc énormément de place dans ma vie, et j'ai souvent peur d'ennuyer Patrick à cause de ça. Que ce soit par mon absence ou par mes sujets de conversation.

J'ai des craintes, mais pas trop. Je me sens coupable, mais pas tant.

Prendre du temps pour soi, avoir une passion à soi, indépendante de la vie de couple. Me semble que c'est important.

Et pourtant, quand je sors le soir pour mon cours de kung fu, quand je pars pour une longue course d'une heure et demie le samedi, quand je ne suis pas là le jeudi pour la routine du matin... il m'arrive de me sentir égoïste. C'est plus fort que moi.

***

Alors voilà. J'ai décidé de lui demander ce que ça lui faisait, tout ça.

Entrevue avec mon gentil mari.

Ça t'a fait quoi quand j'ai commencé à m'entraîner sérieusement?

Patrick : Je ne me rappelle pas du moment où tu as a commencé a t'entraîner
« sérieusement ». Peut-être quand tu as commencé à parler de la Spartan Race? Je n'ai toujours pas l'impression que tu t'entraînes « sérieusement », tu as du fun à le faire. Ça me fait plaisir de te voir aller et t'emballer, surtout de partager cette passion et cette flamme avec tes amis.

Je m'entraîne une dizaine d'heures par semaine, je m'efforce vraiment de faire en sorte que mes entraînements ne perturbent pas la vie familiale... ça te fait quoi que je sois absente un ou deux matins et deux soirs la semaine, en plus de ma longue sortie de course la fin de semaine?
 
Patrick : Ton horaire d'entraînement ne pose vraiment aucun problème! Tu es tellement consciente de ta famille. On se passe le bâton très bien, on communique bien, on s'appuie mutuellement... Je trouve tout cela franchement bien normal comme vie de famille!

As-tu l'impression que le fait qu'on ne partage pas cette passion de l'activité physique nous éloigne l'un de l'autre?

Patrick : Peut-être que si cette passion se résumait par les détails en surface, ça pourrait nous éloigner. Mais je vois ta passion comme quelque chose de plus profond et de bien plus intéressant que ton pace ou la marque de tes souliers. Je te l'ai souvent dit: en soi, je trouve la course le sujet le plus boring de l'histoire! Mais je trouve le sujet de ton évolution et ton désir de te surpasser passionnants. Je t'aime pour la vie, et la vie veut dire une évolution constante.

Trouves-tu que je m'entraîne trop?

Patrick : Non, pas vraiment. Je dirais que j'ai des petits soucis de temps en temps, j'ai peur que tu ne te reposes pas assez. Tant que l'entraînement te donne de l'énergie et alimente ta passion, vas-y fort!

***

J'en suis consciente : j'ai un partenaire de vie extraordinaire, et je me demande sérieusement si notre couple tiendrait la route si la liberté et l'espace qu'on se laisse l'un l'autre n'étaient pas au rendez-vous.

Nous sommes mutuellement heureux de nous voir évoluer... Chacun sa vie, puis la vie ensemble. C'est si facile de se perdre et de finir par s'effacer dans une relation de couple...

Ma prof de yoga prénatal a dit un jour une phrase que je n'oublierai jamais : « Ce qui nous fait du bien fait du bien à tous ceux qui nous entourent ».

Je me la répète souvent, celle-là.




samedi 28 mars 2015

La fièvre du 5 km

Je pense que le 5 km est ma distance préférée. Ben pas je pense. Je suis certaine!

Peut-être parce que c'est la première distance que j'ai courue dans le cadre d'une course organisée, peut-être juste parce que j'aime ça. Je me souviendrai toujours de ce soir d'octobre 2013, le cœur battant la chamade, les papillons dans le ventre. J'allais courir le lendemain matin mon premier 5 km. À ce moment, ça représentait MA VIE! C'était BIG! Moi? Courir 5 km? Meh!

Quand j'ai fini par m'endormir ce soir-là, ça n'a été que pour sombrer dans un sommeil peuplé de rêves de course, puis aux aurores, le nœud dans l'estomac... ça me rappelait une sensation tellement familière... il fallait que je mette le doigt dessus... ben oui! Le trac!

Le moment juste avant d'entrer sur scène... oh que ça faisait longtemps que je ne l'avais vécu! Un bon trac. Celui qui t'aide à canaliser ton énergie, celui qui fait que tout ton être est concentré sur un objectif précis.

Ce matin-là, j'ai couru mon 5 km en donnant tout ce que j'avais. Il y avait un 10 km qui partait juste après. J'ai regardé partir les coureurs du 10 km en me disant JAMAIS je pourrais courir le double de ce que je viens de courir! Je suis rentrée chez moi et j'ai dormi jusqu'au lendemain. Ça m'a pris trois jours m'en remettre.


Puis un jour, après avoir couru 5 km, je me suis dit pour la première fois ah oui, j'aurais pu continuer, j'aurais pu courir le double; la même chose est arrivée après un 10 km... j'attends toujours que la phrase me vienne après un demi-marathon!

Demain matin, je cours 5 km. Étrangement, même si la distance ne représente plus ma vie (en fait elle représente maintenant un petit entraînement de juste une demi-heure), le trac est là. Exactement le même.

Ce n'est pas du tout le même trac que la veille d'un demi-marathon, mais pas du tout. Le 5 km, il est concentré, intense, chaque seconde compte. Une minute de moins sur 5 km représente beaucoup plus qu'une minute de moins sur 21 km (mathématiquement, je veux dire).

Demain matin, je cours 5 km. Je vais courir ma vie comme ce matin d'octobre 2013, et l'idée de le faire sept minutes plus vite me remplit d'une vive émotion.

Il ne faut jamais oublier d'où est est parti.

Sur la ligne de départ de mon premier 5 km

lundi 23 mars 2015

Ma première course à obstacles (partie I)

Pour mes 35 ans, j'ai pris la décision de me faire le plus beau cadeau du monde. J'ai décidé que, pour le reste de ma vie, je serais au sommet de ma condition physique, à l'âge que j'ai et avec le corps que j'ai. Dans l'immédiat, ça signifiait être au sommet de ma santé, à 35 ans, avec le corps d'une femme qui a donné naissance. À 60 ans, la réalité ne sera pas la même et j'ignore les maux physiques que la vie me réserve. Je peux néanmoins me faire la promesse de travailler avec le corps que j'ai, et ce, à toutes les étapes de ma vie. 

Le jour de ma fête, cette même année, j'ai lancé un défi à mes amies de longue date : s'entraîner pour réussir à compléter une course à obstacles d'environ 5 kilomètres. WHAH! Aussitôt les mots sortis de ma bouche, la discussion s'est enflammée... je ne sais pas ce qui s'est passé, mais en l'espace de 15 minutes, elles étaient toutes convaincues. TOUTES! Même Annie! Annie qui détestait le sport, mais qui avait un criant besoin de s'y mettre. Même Zazou, qui s'autoproclamait « moumoune ». TOUTES! Nous avions 9 mois pour nous entraîner... le temps d'une gestation... et justement, Véronique est tombée enceinte et a dû se retirer du projet (physiquement seulement).

Pendant les mois qui ont suivi, nous avons multiplié les rencontres, les entraînements... nous nous sommes vues tellement souvent! Les années précédentes, on ne se voyait presque plus... juste aux anniversaires. Là, on se voyait aux semaines! Courses sur la montagne avec Marilyn, course et Trek Fit au parc Laurier avec Isabelle et Marlène, entraînement avec le coach d'Annie à son gym... gros deadlift lourd avec Marilyn à mon gym... l'énergie du groupe était complètement renouvelée... notre amitié, longue de 20 années, avait pris une tout autre dimension... Aujourd'hui, quand je repense à ces neuf mois, je me demande franchement :

« Qu'est-ce que j'ai préféré? L'entraînement ou la course elle-même? ».


Mémorable sortie sur la montagne avec Marilyn... qui s'est terminée dans la slush jusqu'aux chevilles!  

Ma première course à obstacles (partie II) – les cordes
Ma première course à obstacles (partie III) – les éléments